ETF Russie : que sont devenus les anciens fonds indiciels ?
Les ETF Russie ont presque disparu du marché européen après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février 2022. Les sanctions, les restrictions sur les investisseurs étrangers et la fermeture de la Bourse de Moscou ont rendu la valorisation et la vente des actions russes très difficiles.
Un ancien ETF Russie peut encore figurer dans un portefeuille ou dans les bases de données des courtiers. Cette présence ne signifie ni que le fonds est achetable, ni que son prix affiché permet de vendre les parts. La liquidité, c’est-à-dire la capacité à acheter ou céder rapidement à un prix proche de la valeur réelle, a disparu sur ces produits.
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Comment fonctionnaient les ETF exposés à la Russie ?
Un ETF est un fonds coté qui cherche à suivre un indice. Les ETF Russie suivaient surtout le MSCI Russia, un indice d’actions russes de grandes et moyennes capitalisations, largement dominé par l’énergie, les matières premières et les banques.
Leur diversification restait donc limitée malgré le nombre de lignes en portefeuille. Gazprom, Lukoil, Sberbank ou Norilsk Nickel pouvaient représenter une part élevée de l’indice. L’investisseur cumulait le risque actions, le risque pays, le risque de change et le risque réglementaire.
Réplication physique ou synthétique
La réplication physique consiste à détenir les actions de l’indice. Elle est devenue impraticable quand les titres russes ont cessé d’être négociables pour de nombreux acteurs occidentaux. Les dépositaires, les chambres de compensation et les restrictions de règlement-livraison ont aussi bloqué les opérations.
Certains fonds recouraient à une réplication synthétique, via un contrat d’échange avec une banque. Le Lyxor PEA Russie (MSCI Russia) ETF, code ISIN FR0011869387, permettait ainsi une éligibilité au PEA. Cette structure ne supprimait pas le risque : lorsque le marché sous-jacent ne peut plus être valorisé ou couvert, le mécanisme de réplication se grippe lui aussi.
Pourquoi les fonds ont été suspendus puis fermés
MSCI a retiré les actions russes de ses indices à compter du 9 mars 2022, en jugeant le marché russe non investissable pour les investisseurs internationaux. FTSE Russell et d’autres fournisseurs d’indices ont pris des mesures proches. Un ETF ne pouvait donc plus suivre normalement son indice de référence.
Les sociétés de gestion ont d’abord suspendu les souscriptions, les rachats et parfois la cotation. Plusieurs ont ensuite lancé la liquidation de leurs ETF russes, tout en précisant que le versement final dépendait de la cession effective des actifs et du déblocage des avoirs. Les calendriers ont varié selon le fonds, le dépositaire et les titres détenus.
| Situation observée | Conséquence pratique pour le porteur |
|---|---|
| Cotation suspendue | Impossible d’acheter ou de vendre sur le marché dans des conditions normales. |
| Valeur liquidative figée ou estimée | Le montant affiché peut différer fortement d’une valeur de vente réalisable. |
| Liquidation annoncée | Le porteur attend la réalisation des actifs et une éventuelle distribution. |
| Indice « ex Russia » | Le fonds investit dans d’autres pays d’Europe de l’Est, sans exposition directe à la Russie. |

Un cours affiché vaut-il encore quelque chose ?
Un dernier cours, une valeur liquidative ancienne ou une performance de 0 % ne constituent pas un prix de marché. Ces données peuvent simplement refléter l’absence de transactions ou l’emploi d’une méthode de valorisation prudente. Le risque de perte totale ou durablement immobilisée a donc remplacé le risque boursier habituel.
Les anciens cours ne permettent pas non plus de comparer les performances avec un ETF mondial. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et cette formule prend ici un sens concret : l’accès même au marché peut disparaître.
Que faire si un ETF Russie apparaît encore sur son compte ?
- Vérifiez l’ISIN, le nom exact du fonds et les messages de votre courtier ou de la société de gestion.
- Identifiez le statut : suspension temporaire, liquidation en cours, distribution déjà réalisée ou position résiduelle.
- Conservez les avis d’opérations et les relevés, utiles pour le suivi fiscal et le calcul d’une éventuelle moins-value hors PEA.
- Évitez de donner un ordre au hasard : un ordre non exécutable n’apporte aucune liquidité.
Dans un compte-titres ordinaire, une distribution ou une cession peut avoir un effet fiscal, souvent soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % selon la nature du revenu et la situation de l’investisseur. Dans un PEA, le traitement dépend de l’opération et de l’ancienneté du plan ; le courtier doit communiquer les écritures retenues. Un échange avec son intermédiaire ou un conseiller fiscal aide à traiter un dossier de liquidation complexe.
- Vérifier l’ISIN et le nom exact du fonds
- Lire les messages du courtier ou de la société de gestion
- Identifier le statut de la position affichée
- Conserver les avis d’opérations et les relevés
- Éviter de transmettre un ordre non exécutable
- Vérifier les conséquences fiscales d’une distribution ou cession
- Demander les écritures retenues au courtier pour un PEA
- Solliciter un intermédiaire ou conseiller fiscal si nécessaire
Existe-t-il encore une alternative pour investir dans la zone ?
Les ETF sur l’Europe de l’Est « ex Russia » subsistent parfois, avec une exposition centrée sur la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque. Ils ne remplacent pas un ETF Russie : leur composition, leur volatilité et leurs moteurs économiques diffèrent. Leur encours et leurs frais méritent aussi un contrôle, car un faible encours peut augmenter le risque de fermeture.
Pour une exposition émergente plus diversifiée, un investisseur peut comparer la profondeur de marché et la gouvernance de pays comme l’Inde avec les ETF Inde. Une approche mondiale, éventuellement orientée vers des sociétés distributrices via un ETF de dividendes mondiaux, réduit la dépendance à un seul pays, sans éliminer la volatilité des actions.
ETF Russie : ce qu’il faut retenir
Les anciens fonds indiciels russes sont devenus des positions largement suspendues, liquidées ou en attente de réalisation d’actifs. Leur principal sujet n’est plus la sélection d’un indice ou le niveau des frais : c’est la capacité juridique et opérationnelle à valoriser puis céder les titres sous-jacents.
Avant tout investissement géographique, vérifiez l’indice, la méthode de réplication, l’encours, le spread entre achat et vente, l’éligibilité au PEA et votre horizon de placement. Une diversification large ne garantit pas un gain, mais elle limite l’impact d’un blocage propre à un marché national.
